Sur les eaux calmes du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo, les filets sont rangés, les barques immobiles. Depuis la décision de la Direction de la production halieutique suspendant la pêche jusqu’à la fin du mois d’avril, les pêcheurs vivent une période de chômage technique. Une mesure écologique nécessaire, mais lourde de conséquences pour les familles qui vivent de la pêche. Silence sur le lac ! À l’embarcadère d’Abomey-Calavi, un lundi matin, le décor est inhabituel : pas de nasses, pas de filets étalés. Les barques accostées semblent attendre le retour des jours meilleurs. Direction Ganvié, où la communauté de pêcheurs s’adapte tant bien que mal. Germain Ahouangonou, pêcheur depuis plus de vingt ans, s’exprime : « La décision du gouvernement est très bonne. Elle va permettre aux poissons de mieux grandir et de bien donner. » Mais derrière cette adhésion, la réalité économique est rude. Germain confie que sa poche souffre de cette période de vache maigre. « C’est difficile, mais nous avons l’obligation d’accepter. Au départ, si quelque chose est difficile, au retour c’est le bonheur qui s’ensuit. » En attendant la reprise prévue le 30 avril prochain, il reconvertit sa barque motorisée pour le transport, une activité de survie qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. Sur le terrain, la décision est strictement appliquée. Les comités de pêche et les autorités locales veillent au respect du repos biologique. Noël Kounoudansou, chef du village de Ganvié 2, témoigne : « Nous avons gongonné dans le village pour informer la population. Même les enfants qui prennent leurs petits filets pour pêcher les fretins, on leur arrache ça. Quand on arrache ça aux uns, les autres ne le font plus. » La brigade de surveillance des plans d’eau complète le dispositif, patrouillant pour éviter toute infraction. Si la mesure vise à préserver les ressources halieutiques, elle met en lumière la fragilité économique des pêcheurs. Entre la nécessité de protéger l’écosystème et celle de nourrir leurs familles, le dilemme est réel. Pour Germain et ses pairs, le repos biologique est un pari sur l’avenir : celui d’un lac plus vivant, d’une pêche plus durable. Mais en attendant, le silence du lac Nokoué résonne comme un rappel : la préservation de la nature a un coût que les pêcheurs paient au quotidien. Zéphirin Toasségnitché
Le marché des ruminants à Lobogo : La tradition Sahouè se perpétue dans la douleur.
Bopa, au cœur du département du Mono, où se niche un marché pas comme les autres : le marché de Lobogo. Ici, les cris des vendeurs se mêlent aux bêlements des moutons et des chèvres. Un lieu vivant, coloré, mais aussi confronté à des difficultés d’accès qui freinent son essor. Chez les Sahouè, l’élevage des ovins et caprins est plus qu’une activité économique : c’est une tradition. Rufin Dègnidé, éleveur à Lobogo, en témoigne : « Chez nous, quand un garçon se marie, il donne deux chèvres et un cabri à sa femme pour l’entretien. Les petits qui naissent appartiennent à la femme. C’est pour nourrir la famille quand le mari n’est pas là. » Cette pratique, transmise de génération en génération, fait du marché de Lobogo un véritable carrefour de la culture Sahouè et de l’économie rurale. L’offre est abondante, mais les routes qui mènent à Lobogo sont un véritable casse-tête. Les acheteurs viennent de Dogbo, Klouékanmè, Lalo ou Comé, souvent au prix d’un trajet laborieux. Pélagie Mahoulawè Tossou, commerçante, explique : « Ici, le mouton et le cabri coûtent moins cher. C’est un marché où les éleveurs sont tout près. On achète à bon prix pour revendre ailleurs. » Mais les voies d’accès dégradées font chuter les prix et ralentissent les échanges. Les habitants de Lobogo lancent un appel pressant aux autorités. « Ici, c’est un carrefour stratégique. On va à Dogbo, à Klouékanmè, à Lalo. Mais les routes sont mauvaises. Pendant la saison des pluies, c’est la souffrance. Si le nouveau président pouvait nous aider, ce serait un grand plaisir », plaide un habitant. Au-delà des ovins et caprins, Lobogo est aussi un espace de commerce diversifié : céréales, tubercules et produits vivriers s’y échangent à des prix compétitifs. Un marché où la vitalité économique côtoie la résilience des populations rurales. En somme, Lobogo est bien plus qu’un marché : c’est un symbole de la tradition Sahouè, de la solidarité communautaire et du potentiel économique local. Mais pour que ce carrefour devienne un véritable moteur de développement, il faudra que les routes s’ouvrent enfin à la prospérité. Zéphirin Toasségnitché
Journée internationale des travailleurs au Bénin : Le syndicalisme béninois entre mutation et quête de sens.
À l’approche du 1er mai, symbole mondial des luttes ouvrières, l’émission le débat est ouvert sur l’avenir du syndicalisme au Bénin. Des responsables de confédérations syndicales et un spécialiste du droit du travail ont dressé un constat lucide : le militantisme syndical béninois se transforme, parfois au prix de ses idéaux. Les travailleurs du monde entier se préparent à commémorer le 1er mai dédié à la reconnaissance de leur labeur dans le tissu économique et social. Instituée le 1er mai 1886 aux Etats-Unis, cette date est devenue une journée internationale de revendications en 1889, marquée par des manifestations en hommage aux ouvriers de Chicago. Reconnu comme jour férié chômé et payé entre 1947-1948, elle a été célébrée pour la toute première fois en 1890. Au Bénin cette journée est devenue une tradition chaque année depuis des lustres. Cependant le dialogue social vacille entre progrès et frustrations. Pour Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), le syndicalisme d’aujourd’hui ne peut plus se résumer à la confrontation. « De plus en plus de confédérations, même celles réputées cogneuses, ont compris que nous pouvons produire des résultats par le dialogue social. Mais le dialogue social, ce n’est pas venir s’asseoir, se saluer et ressortir frustré. C’est un jeu d’acteurs qui doit aboutir à un consensus. » Une vision qui traduit la volonté des syndicats de s’adapter à un contexte où la négociation prend le pas sur la revendication. Face aux défis du monde du travail, les organisations syndicales misent désormais sur la formation. Kodjo Hinlin, secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi), insiste : « L’une des fonctions importantes du syndicat, c’est la formation. Nous essayons de former, mais les thématiques sont nombreuses et les moyens souvent insuffisants. » Cette stratégie vise à renforcer la compétence des militants pour un syndicalisme plus structuré et plus efficace. La question du soutien des confédérations à un duo candidat lors de la dernière présidentielle n’a pas échappé au débat. David Affodjou, inspecteur du travail et enseignant en droit privé, apporte un éclairage juridique : « Aucune loi ne l’interdit. C’est leur droit d’atteler leur étoile à quelque chose qui brille. C’est un nouveau contrat social, un deal qu’ils ont tenté. Si ça échoue, l’histoire retiendra que le candidat les a driblés. » Les syndicats, eux, affirment faire confiance au président nouvellement élu et prennent l’opinion à témoin pour juger de sa bonne foi. Entre dialogue social, formation et repositionnement politique, le syndicalisme béninois cherche un nouvel équilibre. À l’heure où les travailleurs s’apprêtent à célébrer leur journée mondiale, une question demeure : comment concilier la défense des droits avec les exigences d’un monde du travail en mutation ? Le 1er mai, plus qu’une commémoration, s’annonce comme un moment de réflexion sur l’avenir du militantisme et la place du syndicat dans la construction d’un Bénin plus juste et plus solidaire. Zéphirin Toasségnitché
Election du nouveau président de la République : Les attentes des femmes des marchés de Parakou.
À Parakou, les marchés Arzèkè, Guèman, Kpéssou et Rose-Croix bruissent de conversations autour du scrutin du 12 avril dernier. Les commerçantes, principales actrices de ces espaces, ont partagé leurs espoirs et leurs revendications. Au lendemain de la publication des grandes tendances par la Commission électorale nationale autonome (Céna), les femmes des marchés de Parakou expriment déjà leurs attentes à l’endroit du futur locataire de la Marina. Alimatou Mama Djougou, revendeuse au marché Arzèkè, résume l’état d’esprit de nombreuses femmes : « Peu importe celui qui gagne, c’est Dieu qui décide. Mais nous voulons un président qui nous aide, qui diminue les prix des boutiques et des hangars, et qui facilite l’accès aux prêts pour que nous puissions avancer. » Zoubérath Ladjali, commerçante, insiste sur la nécessité de renforcer les politiques d’accompagnement : « On remercie notre président actuel, il fait de son mieux. Mais depuis plus de 23 ans, le business ne va pas. Nous espérons que le nouveau président, avec le maire, trouvera des solutions pour nous les femmes du marché. » Entre détermination et foi, les vendeuses expriment un vœu commun : la paix et la tranquillité pour le pays. « Inch Allah, par la grâce de Dieu, le Bénin ne verra pas ce qui le dépasse. Nous voulons un bon président », confient-elles, convaincues que leur mobilisation au scrutin pourra induire un changement qualitatif. Dans les marchés de Parakou, les femmes attendent du nouveau président, dont les premiers résultats donnent Romuald Wadagni en tête, en attendant la certification officielle, des mesures fortes pour soutenir le commerce, alléger les charges et favoriser l’accès au crédit. Plus encore, elles réclament un climat de paix et de stabilité, indispensable à la prospérité de leurs activités et de leurs familles. Ce témoignage collectif illustre la voix des femmes commerçantes, actrices incontournables de l’économie locale, qui espèrent que leur quotidien sera enfin placé au cœur des priorités nationales. C.Z
DIGNITÉ ET JUSTICE MENSTRUELLE : Le Consortium RÈGLE MOI ÇA honore la recherche scientifique axée sur la SJDM.
Le mardi 28 avril 2026, l’hôtel Azalaï de Cotonou a accueilli bien plus qu’une cérémonie de remise de prix : un acte de plaidoyer puissant. Le consortium ‘’Règle moiça’’ constitué de trois organisations [ONG Filles en Actions – Héroïnes d’Aujourd’hui – Choose Yourself], a récompensé vingt-six auteurs.trices de travaux scientifiques qui redessinent les contours de la dignité menstruelle et de la justice sociale au Bénin. Ces productions, issues du COSDIM 2025 et d’un appel national à soumission d’articles scientifiques sur la SANTÉ – DIGNITÉ & JUSTICE MENSTRUELLES ne sont pas de simples études. Elles constituent des armes intellectuelles pour interpeller les institutions publiques et exiger que la santé menstruelle soit intégrée dans les politiques sociales, éducatives et économiques. Les lauréat.e.s, récompensé.e.s par des chèques allant de 100 000 à 200 000 FCFA, portent désormais une responsabilité collective : transformer la recherche en levier de changement. Pour Nadège Anago, représentante du consortium, cette reconnaissance est un signal fort : « La dignité menstruelle n’est pas un luxe, c’est un droit.» Quant à Brian Sossou, Présidente de l’Ong Filles en Actions et Représentante du Jury de sélection, elle rappelle que ces travaux doivent nourrir un plaidoyer documenté auprès du Ministère des affaires sociales et de la microfinance, mais aussi interpeller la santé, l’éducation et les finances. Au-delà des récompenses, l’événement a mis en lumière une vérité : les inégalités menstruelles ne sont pas naturelles, elles sont fabriquées par des structures fiscales, politiques et économiques. Les recherches primées dénoncent la taxation injuste des produits menstruels, les angles morts des politiques publiques et les logiques de marché qui transforment une nécessité biologique en privilège. Par la voix de leur représentante Sèdjro LIHOUENOU, artiste peintre, les lauréat.e.s tous heureux.ses, ont remercié l’Ong Filles en Actions pour ses multiples efforts en faveur du respect des droits des femmes et des filles. La clôture de la cérémonie fut le moment pour la Chargée du Projet Alida Delou, de saluer les efforts fournis par l’ensemble des lauréat.e.s aboutissant à l’obtention de ses œuvres scientifiques qui constituent aujourd’hui, des outils et indicateurs visibles dans la promotion de la dignité menstruelle et la lutte contre les inégalités. Le projet «SANG POUR SANG, UNIE.S POUR LA DIGNITÉ MENSTRUELLE / Règle moi ça» démontre que la science peut être féministe, participative et située. Elle replace les femmes et les filles au centre de la réflexion, et non en périphérie. Ces travaux ne se contentent PAS de produire du savoir. Ils choisissent leur camp, celui de la justice sociale et deviennent ainsi des outils vivants de transformation. Laure Lèkossa
Cartographie mondiale : L’Afrique veut corriger une injustice.
Une initiative portée par le Togo veut redessiner la carte du monde avec la vraie taille de l’Afrique. La projection de Mercator est jugée infantilisante pour le continent. Soutenue par l’Union africaine, l’initiative vise à présenter le vrai visage du continent sur le globe. Avec ses 30,37 millions de km², Afrique est le deuxième plus grand continent au monde, loin devant Groenland. Pourtant, sur la célèbre projection de Mercator, les deux territoires apparaissent de taille comparable, une distorsion qui alimente depuis longtemps les critiques. Face à cette représentation jugée trompeuse, l’Union africaine a décidé de soutenir la campagne « Correct the Map », qui milite pour une cartographie plus fidèle à la réalité géographique. Mandaté par l’organisation, le Togo entend porter ce combat sur la scène internationale. Dans un entretien accordé à Reuters, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a dénoncé une représentation « géographiquement inexacte » du continent et plaidé pour une « vérité scientifique ». Un projet de résolution est en préparation pour être soumis à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies en septembre 2026. Pour le chef de la diplomatie togolaise, il est temps de « décoloniser la géographie ». L’Afrique adopte la projection d’Equal Earth L’objectif est de promouvoir l’utilisation de la projection dite Equal Earth, conçue pour mieux respecter les proportions réelles des continents. Adoptée par l’Union africaine en début d’année, cette alternative se veut plus équitable et moins héritée des biais historiques. Au-delà de l’aspect technique, les défenseurs de la réforme évoquent un enjeu de perception globale. Selon eux, la sous-représentation de l’Afrique sur les cartes contribue à renforcer une vision marginalisée du continent dans le domaine éducatif, médiatique et politique. Pour les promoteurs de cette initiative, corriger la carte revient ainsi à corriger les regards d’une démarche présentée comme un acte de justice cognitive et de réaffirmation de la place réelle de l’Afrique dans le monde. Pascal Toffodji
Fernand Gandaho, l’homme des records : Du vélo de son père aux sommets du cyclisme africain.
À la veille du Tour cycliste du Bénin, coup de projecteur sur une légende vivante du vélo : Fernand Gandaho, surnommé l’homme des records. Icône du cyclisme béninois, il a marqué de son empreinte les routes d’Afrique et continue, aujourd’hui encore, à inspirer la jeune génération. Rien ne prédestinait Fernand Gandaho à une carrière sportive. « Le vélo, c’est venu comme cela. Mon père avait acheté un vélo de course pour perdre du ventre. Il l’a garé, et moi, je l’ai pris pour aller au collège », raconte-t-il avec humour. C’est en 1985 qu’il participe à sa première course, sans préparation. Il termine parmi les derniers, mais cet échec devient le point de départ d’une aventure exceptionnelle. « Ceux qui m’ont emmené se sont moqués de moi. Alors j’ai cherché le meilleur, Jacques Kitti. Il m’a dit : viens à 4h du matin. On courait des kilomètres dans le sable. C’est comme cela que j’ai commencé à être fort. » De cette rigueur naît un palmarès impressionnant. En 1989, il participe au Tour du Faso, puis enchaîne les victoires : « En 1995, j’ai gagné trois tours : le Tour du Bénin, du Togo et de la Guinée. Au Nigeria, j’étais deuxième, au Burkina meilleur grimpeur. Tous les tours auxquels j’ai pris part, j’étais toujours parmi les trois premiers. » Son talent le mène jusqu’aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, où il termine meilleur Africain et seul coureur noir à tenir aussi longtemps dans la compétition. Même à la retraite, Fernand Gandaho reste fidèle à son premier amour : le vélo. « J’aime le vélo. Partout où je passe, je parle vélo, je vis vélo. Les coureurs béninois n’arrivent pas à faire ce que nous, on avait fait, mais je ne vais jamais lâcher. » Aujourd’hui, il encadre les jeunes cyclistes et transmet son expérience. Son fils marche déjà dans ses traces : vice-champion du Bénin en catégorie junior. Un héritage vivant Fernand Gandaho n’est pas seulement un sportif accompli, mais un modèle de persévérance et de passion. Entre deux entraînements, il cultive ses autres passions : la danse et le cinéma. À la veille du Tour cycliste, il garde espoir : « Je veux voir les équipes béninoises briller. Ce qui est bon pour les coureurs, c’est aussi bon pour les accompagnateurs. » Fernand Gandaho, c’est l’histoire d’un homme qui a transformé un simple vélo familial en symbole de réussite nationale. Un parcours inspirant, forgé par la discipline, la passion et le goût du dépassement. La Rédaction
Tour du Bénin 2026 : Le maillot jaune change déjà d’épaules après la première étape.
Le Tour du Bénin 2026 a connu un premier tournant hier mardi 28 avril, à l’issue de la première étape longue de 126,04 km. Le Letton Belohvosciks Kristians, sociétaire de Team Bike AID, s’est imposé au sprint devant un groupe de huit coureurs échappés. Il devance Alexandre Mayer (Île Maurice), arrivé deuxième, et le Marocain Bdadou Youssef, troisième. Grâce à cette victoire, Belohvosciks Kristians s’empare du maillot jaune, détenu jusque-là par son coéquipier Oscar Schempp après le prologue disputé la veille. Grand artisan de la journée, Belohvosciks Kristians a marqué les esprits en remportant trois distinctions majeures : le maillot jaune (classement général), sponsorisé par Castel, le maillot du classement par points (Super U), le maillot des jeunes (NSIA). Une performance qui confirme la domination de Team Bike AID sur ce début de compétition. Les autres maillots : l’Afrique et le Bénin à l’honneur Derrière le leader, plusieurs coureurs se sont illustrés dans les classements annexes : Maillot du meilleur Africain (Moov Africa) : Alexandre Mayer (Île Maurice), Maillot du meilleur Béninois (CFAO Mobility) : Saïzonou Glorad (Bénin), Maillot du plus combatif béninois (CANAL+) : Sowou Rémi (Bénin). Ces distinctions mettent en lumière la montée en puissance des cyclistes africains et béninois sur cette compétition internationale. Les écharpes spéciales : récompenses de la combativité et du fair-play. Cinq écharpes ont également été attribuées pour saluer des performances spécifiques : Plus longue échappée (Yalau) : Sowou Rémi (Bénin), Fair-play (Aquabelle) : Czasa Morikz (Hucare Factory, Allemagne), Meilleur équipier (Moov Money) : De Neve Joerik (Belgique), Élégance (Mikem Technologie) : Rawende Moucaila (Burkina Faso), Plus jeune Béninois (JNP) : Saïzonou Glorad (Bénin). Avec ce changement de leader dès la première étape, le Tour du Bénin 2026 s’annonce particulièrement disputé. La domination de Team Bike AID pourrait toutefois être contestée dans les prochaines étapes, alors que les prétendants au classement général affûtent déjà leurs stratégies. Pascal Toffodji
Ligue professionnelle du football du Bénin : Coton Fc solide leader, Sobemap bouscule le podium.
La 26ᵉ journée du championnat national de football du Bénin a tenu toutes ses promesses, entre confirmations et surprises. Si Coton Fc reste indétrônable en tête, la bataille pour les places d’honneur s’intensifie avec l’ascension fulgurante de l’As Sobemap. En déplacement chez les Buffles Fc du Borgou, les cotonculteurs ont résisté à la pression. Le choc au sommet s’est soldé par un nul vierge (0-0), suffisant pour maintenir leur avance. Avec 52 points, Coton Fc conserve quatre longueurs d’avance sur son nouveau dauphin. La sensation du week-end vient de l’As Sobemap. Grâce à une victoire précieuse (1-0) face à Hodio Fc, les manutentionnaires grimpent à la deuxième place avec 48 points, doublant ainsi Loto Popo Fc, tenu en échec par Dynamo Fc Abomey (0-0). Js Pobé a signé une performance éclatante en corrigeant Dragons Fc de l’Ouémé (3-0), un bol d’air dans la lutte pour le maintien. Uss Kraké Cavaliers ont créé la surprise en s’imposant largement (4-1) sur le terrain de Dadjé Fc, enfonçant encore plus la lanterne rouge. Damissa Fc a assuré l’essentiel face à Espoir Fc (1-0), consolidant sa place dans la première moitié du tableau. Outre ces victoires marquantes, plusieurs duels se sont terminés sur des scores de parité : Bani Gansè – Aspac (1-1), As Cotonou – Uss Kraké (1-1), Dynamo Abomey – Loto Popo (0-0). Seule Ayéma Fc a brisé la série de nuls en battant Asvo (1-0). À l’issue de cette 26ᵉ journée : Coton Fc reste serein en tête. Sobemap et Loto Popo se disputent ardemment les places d’honneur. Dans la zone rouge, Uss Cavaliers tentent une remontée héroïque, tandis que Dadjè Fc s’enlise dans la crise. Pascal Toffodji
21è Tour international du cyclisme africain : David Lappartient salue le modèle béninois.
Le 21ᵉ Tour cycliste du Bénin s’est ouvert sous le regard attentif d’un invité de marque : David Lappartient, président de l’Union cycliste internationale (Uci). Arrivé à Cotonou la veille, le patron du cyclisme mondial a tenu à être présent au départ du prologue, un geste fort qui témoigne de son intérêt pour le développement du cyclisme béninois. La présence du patron de l’Uci sur le 21è Tour international du cyclisme du Bénin n’est pas anodine. Interrogé par notre reporter, David Lappartient a expliqué les motivations de sa présence au Bénin. « D’abord, il y a une fédération bien organisée, structurée, qui développe la base et forme des athlètes. Ensuite, une équipe nationale solide, avec des coureurs qui montent en puissance. Nous avons même une Béninoise, Georgette, dans notre équipe continentale UCI. Enfin, le Bénin dispose d’un tour national solide, inscrit dans le calendrier international. » Pour le président de l’Uci, le Tour du Bénin coche toutes les cases d’un modèle africain réussi : « Il n’y a que cinq ou six courses de ce niveau sur le continent. Le Bénin montre la voie. C’est un exemple pour l’ensemble des nations africaines. » La présence de David Lappartient sur le Tour du Bénin illustre la reconnaissance du travail accompli par la Fédération béninoise de cyclisme, qui s’impose désormais comme un acteur majeur du développement sportif en Afrique. Entre organisation rigoureuse, formation des jeunes talents et rayonnement international, le Bénin confirme son statut de terre de cyclisme. Pascal Toffodji