À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le président de la Haac, Edouard Loko, a invité les professionnels des médias à adapter leurs pratiques éditoriales à la nouvelle séquence politique ouverte par la trêve instaurée au Bénin. Réunis à Cotonou le dimanche 3 mai 2026, journalistes et responsables d’organes de presse ont entendu un message clair du président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Edouard Loko a insisté sur les implications de la trêve politique annoncée au Bénin et sur les ajustements nécessaires dans le traitement de l’information. « Nous avons habitué notre public à la polémique politique. Aujourd’hui, avec la trêve, il nous faut repenser notre modèle », a déclaré Edouard Loko. Pour lui, les médias ne doivent pas se substituer aux acteurs politiques dans l’animation du débat. La baisse de l’intensité des controverses doit conduire à une évolution des contenus, sans pour autant renoncer à la critique constructive. Le président de la Haac appelle les entreprises de presse à élargir leur champ éditorial : économie, éducation, culture, questions sociales. Objectif : maintenir l’intérêt du public tout en garantissant la viabilité économique des médias. Il rappelle que la responsabilité première des journalistes reste la production d’informations fiables et vérifiées. La trêve politique découle de la révision constitutionnelle du 15 décembre 2025. Elle vise à encadrer l’activité politique en dehors des périodes électorales, afin de limiter la « campagne permanente » qui dominait jusque‑là. Cette disposition n’interdit pas les prises de position ni la critique, mais impose un rythme institutionnel plus apaisé. Pascal Toffodji
Sénat au Bénin : Théodore Holo annonce une installation après l’investiture présidentielle.
Invité de Bip Radio, l’ancien président de la Cour constitutionnelle et futur membre de droit du Sénat, Théodore Holo, a détaillé le calendrier et les enjeux de la mise en place de la nouvelle chambre haute. Une étape institutionnelle attendue après le serment du président élu Romuald Wadagni. Le professeur Théodore Holo a livré, dimanche 3 mai 2026, des précisions sur l’installation du Sénat béninois. Selon lui, l’entrée en fonction de la nouvelle institution interviendra après la prestation de serment du président de la République, prévue le 24 mai. L’installation pourrait se tenir courant juin, sous réserve du respect des préalables juridiques et institutionnels. La mise en place du Sénat dépend de la désignation complète de ses membres et de l’adoption de son règlement intérieur. Les premières activités devraient se dérouler à Cotonou, dans un site provisoire, en attendant l’achèvement du siège définitif. L’installation protocolaire pourrait toutefois avoir lieu à Porto‑Novo, conformément aux usages institutionnels. Interrogé sur l’absence du bureau du Sénat à la cérémonie d’investiture, Holo a clarifié : « Le serment est reçu par le président de la Cour constitutionnelle. Les autres institutions présentes ne signent pas le procès‑verbal, leur rôle est protocolaire. » Autrement dit, l’absence du Sénat ne remet pas en cause la validité juridique de l’acte. Le futur Sénat aura pour mission de réguler le processus législatif, en portant une attention particulière aux lois constitutionnelles, électorales et relatives aux partis politiques. Les questions budgétaires resteront du ressort de l’Assemblée nationale. Holo insiste : il ne s’agit pas d’un pouvoir disciplinaire sur les députés, protégés par leur immunité parlementaire. Le Sénat, composé en partie de personnalités hors compétition électorale, apportera un regard complémentaire dans un système où l’Assemblée nationale peut refléter une majorité unique. Concernant la présidence du Sénat, Théodore Holo a indiqué ne pas briguer ce poste, renvoyant le débat à l’adoption du règlement intérieur. La création du Sénat découle de la révision constitutionnelle de décembre 2025, qui a introduit le bicaméralisme au Bénin. Son installation effective marquera une nouvelle étape dans l’organisation des pouvoirs publics, attendue dans les semaines suivant l’investiture présidentielle. C.Z
Evaluations nationales : Le CAP 2026 ouvre la saison des grands examens.
Dans la matinée du lundi 04 mai 2026 les candidats au Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) ont lancé la série des évaluations nationales. Première étape d’une saison décisive pour l’éducation béninoise. Le top départ est donné. Sur l’ensemble du territoire, les centres de composition ont accueilli dès l’aube des milliers de candidats au Certificat d’aptitude professionnelle (Cap). Fidèle à la tradition, le Cap inaugure la saison des examens à grand tirage, confirmant l’importance accordée par le gouvernement à la formation technique et professionnelle. Cette édition 2026 s’inscrit dans une dynamique de réforme : former une main‑d’œuvre qualifiée, immédiatement opérationnelle et capable de répondre aux besoins du marché. Les épreuves couvrent un large éventail de spécialités – mécanique, hôtellerie, numérique – illustrant la diversité des métiers techniques. Le choix d’entamer les examens dès le mois de mai n’est pas anodin. Les autorités éducatives veulent désengorger le mois de juin, traditionnellement saturé par le Cep, le Bepc et le Bac. Une stratégie qui vise à fluidifier l’organisation et garantir l’équité pour tous les candidats. Dans deux semaines, ce sera au tour des candidats au Diplôme de Technicien (DT) d’entrer en lice. Ensemble, ces examens traduisent la montée en puissance du système éducatif béninois et son ambition : faire de la formation technique un pilier du développement national. C.Z
Investiture de Romuald Wadagni : La Cour constitutionnelle face au casse‑tête du Sénat.
À moins de trois semaines de la prestation de serment du président élu, un recours met en lumière une faille institutionnelle : l’absence du bureau du Sénat, pourtant prévu par la Constitution. La Cour constitutionnelle doit trancher. La Cour constitutionnelle du Bénin se penche ce mardi 5 mai 2026 sur un recours inédit. Déposé par Midomiton Précieux Noël Dagan, il pointe l’impossibilité de réunir le bureau du Sénat lors de la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni, prévue le 24 mai. L’article 53 de la loi fondamentale, révisée en décembre 2025, encadre la prestation de serment du président de la République. Il prévoit la présence des membres de la Cour constitutionnelle, de l’Assemblée nationale, ainsi que des bureaux du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des comptes. Problème : le Sénat n’est pas encore installé. Aucun bureau ne peut donc être constitué, créant une difficulté d’application du texte. Le requérant ne conteste pas l’investiture elle‑même, mais demande à la Cour de reconnaître formellement l’impossibilité matérielle de réunir le bureau du Sénat et d’en tirer les conséquences juridiques. En clair, il s’agit de savoir si l’absence de cette institution bloque ou non la cérémonie. Réunie en audience plénière spéciale à Ganhi, la Cour constitutionnelle doit se prononcer rapidement. À moins de trois semaines de l’investiture, sa décision dira si le serment peut être organisé en l’état ou si des ajustements sont nécessaires. C.Z
Prestation de serment de Romuald Wadagni : La Cour constitutionnelle tranche sur l’absence du Sénat.
La Cour constitutionnelle du Bénin a mis fin, hier mardi 5 mai 2026, à la polémique autour de la prestation de serment du président élu Romuald Wadagni. Saisie d’un recours contestant la validité de la cérémonie en raison de l’absence du Sénat, la haute juridiction a déclaré la requête irrecevable, confirmant ainsi la tenue de l’investiture prévue le 24 mai prochain. Le requérant, Midomiton Précieux Noël Dagan, estimait que la cérémonie d’investiture ne pouvait se dérouler dans le respect de la Constitution, faute d’installation du Sénat. Il invoquait l’article 53 de la loi fondamentale modifiée en décembre 2025, qui prévoit la présence du bureau du Sénat parmi les institutions appelées à assister à la réception du serment présidentiel. Selon lui, l’absence de cette institution créait une « impossibilité matérielle » de réunir toutes les conditions constitutionnelles exigées pour la cérémonie. Réunie en audience plénière spéciale sous la présidence du professeur Dorothé Sossa, la Cour constitutionnelle a rejeté le recours, estimant que le requérant ne disposait pas de la qualité juridique nécessaire pour saisir la juridiction sur une telle question. La Cour n’a donc pas examiné le fond du dossier, se limitant à rappeler que seuls les organes ou institutions habilités peuvent introduire ce type de recours. Par cette irrecevabilité, la haute juridiction écarte toute remise en cause du calendrier institutionnel. La prestation de serment de Romuald Wadagni, élu président de la République du Bénin, reste fixée au 24 mai 2026, conformément aux dispositions constitutionnelles. Cette décision vient apaiser les débats autour de la mise en place du Sénat, dont l’installation est toujours en cours, et réaffirme la continuité de l’État dans le respect des institutions existantes. En confirmant la validité du processus, la Cour constitutionnelle réaffirme son rôle de garant de la légalité et de la stabilité républicaine. Le Bénin, engagé dans une nouvelle phase de sa vie politique avec l’élection de Romuald Wadagni, poursuit ainsi sa tradition de respect des procédures constitutionnelles, malgré les ajustements liés aux réformes institutionnelles récentes. Zéphirin Toasségnitché
Eliminatoires Mondial U-20 féminin 2026 : Mathurin de Chacus dope le moral des Amazones U-20.
A quelques heures du rendez-vous décisif face à la Côte d’Ivoire, en manche aller du dernier tour qualificatif au Mondial U-20, le président de la Fédération béninoise de football, Mathurin de Chacus, a adressé un message de soutien et d’encouragement à ses joueuses. Le Bénin retient son souffle. Le samedi 2 mai, les Amazones U-20 défient leurs homologues ivoiriennes au Stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, à partir de 17h00, dans le cadre de la manche aller du dernier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la Fifa. A la veille de cette confrontation capitale, le président de la Fédération béninoise de football (Fbf), Mathurin de Chacus, en mission à Vancouver pour le 76ᵉ Congrès de la Fifa, a motivé sa troupe à distance. Dans un message empreint de confiance, il a salué le parcours « remarquable » de ses joueuses, mettant en avant leur discipline, leur abnégation et leur état d’esprit. « Vous incarnez cette nouvelle génération qui porte haut les couleurs du Bénin », a-t-il souligné, invitant les Amazones à aborder cette double confrontation avec sérénité et ambition. Il les invite à jouer sans complexe, à imposer leur jeu tout en respectant l’adversaire. Pour le dirigeant béninois, ce dernier tour représente bien plus qu’un simple match. C’est une opportunité d’accéder à la phase finale du Mondial U-20 prévu en Pologne. Avec un groupe au complet et une dynamique positive, les Amazones du Bénin disposent, selon lui, de tous les atouts pour passer cet ultime obstacle. Soutenues par tout un peuple, les jeunes béninoises s’apprêtent à livrer une bataille décisive, avec en ligne de mire une qualification historique. 3e et dernier tour de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA Affiche : Côte d’Ivoire -Bénin Lieu : Stade Alassane Ouattara d’Ebimpé Heure : 17h00 (heure d’Abidjan) ; 18h00 (heure de Cotonou) Liste des joueuses retenues Gardiennes : 1- Saïzonou Larissa (Umsa) ; 2- Salifou Nadiath (As Cotonou) ; 3-Ogoudare ziyadath (Espoir Fc). Défenseuses : 4- Abikou Laura (Umsa) ; 5- Sadikou Naïlatou (Sc Fribourg) ; 6- Seidou Mistourath (As Gamia) ; 7- Vidinhouede Estelle (Umsa) ; 8-Thechri Jocelyne (As Gamia) ; 9- Ebi Déo Gracias (Umsa) ; 10- Alassane Assanatou (As Cotonou) ; 11- Toudonou Fidèle (Umsa). Milieux de terrain : 12- Kpadonou Joëlle (Umsa) ; 13- Lokossou Hermione (As Lagarde) ; 14- Hounkpo Prisca (As-Jfa) ; 15- Yovo Roukiyath (As Jfa) ; 16- Djibril Yasminath (Aïnonvi Fc) ; 17- Adégoké Timy (Lionnes de Bantè) ; 18- Gbadessi Angela (As Cotonou). Attaquantes : 19- Sabi Manin Rakibatou (Kabongo) ; 20- Honfo Germaine (Laayoune Fc) ; 21- Gandonou Romaine (Tambours) ; 22- Soukou Hosane (Northwestern State) ; 23- Tété Bernice (Dynamique) ; 24- Maman Kouta Ismath (As Cotonou). Pascal Toffodji
Délivrance de casier judiciaire au Bénin : Le CNCJ explique l’allongement des délais.
Le Centre national du casier judiciaire (Cncj) fait face à une pression inédite. Depuis plusieurs semaines, la délivrance des bulletins n°3 connaît un ralentissement, conséquence d’une hausse exceptionnelle des demandes. Dans un communiqué publié le 29 avril 2026, le Cncj précise que cette situation est liée aux nouvelles exigences administratives imposées aux associations et fondations. La production du bulletin n°3 étant désormais une pièce essentielle pour leur mise en conformité, un afflux massif de requêtes a été enregistrée en un temps réduit. Le Cncj reconnaît que « des délais plus longs ont été observés » dans le traitement et la délivrance des bulletins. Pour y faire face, l’institution assure avoir renforcé ses équipes techniques et opérationnelles, ajusté son organisation interne et accéléré le circuit de délivrance. Dans ce contexte, le centre invite les demandeurs à la compréhension et à la patience, tout en réaffirmant « l’engagement constant » de ses services pour un retour progressif à la normale. En attendant une stabilisation de la demande, les usagers devront composer avec ces délais inhabituels, reflet d’un dispositif administratif sous forte sollicitation. C.Z
Liberté de la presse : Le Bénin dégringole dans le classement RSF 2026.
Le Bénin enregistre une chute spectaculaire dans le classement mondial 2026 de la liberté de la presse publié le jeudi 30 avril par Reporters sans frontières (Rsf). Le pays perd 21 rangs, passant de la 92ᵉ position en 2025 à la 113ᵉ place cette année. Avec 47,39 points sur 100, contre 54,60 l’an dernier, le Bénin voit sa situation se dégrader sensiblement. RSF estime que « la liberté de ton des journalistes a fortement diminué » malgré un paysage médiatique jugé diversifié. L’organisation pointe l’absence de grandes entreprises de presse viables et un environnement de plus en plus contraignant pour les professionnels des médias. Selon Rsf, la détention de journalistes constitue l’un des principaux facteurs de ce recul. Le rapport cite notamment le cas de Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média en ligne Olofofo, dont l’arrestation et la détention continuent de susciter de vives critiques. « Les autorités vont jusqu’à traquer les journalistes critiques », déplore RSF, qui évoque également des préoccupations concernant la presse publique. La Société de radio et télévision du Bénin (Srtb) serait contrainte de relayer prioritairement la communication gouvernementale, avec un contrôle éditorial exercé en amont sur certains contenus. Dans le classement africain, le Bénin se retrouve derrière plusieurs pays du continent : Burkina Faso (110ᵉ), Guinée (111ᵉ), Nigeria (112ᵉ). Le pays reste toutefois légèrement mieux classé que les Philippines (114ᵉ), le Liban (115ᵉ) et Israël (116ᵉ). Au sommet, les pays nordiques et européens dominent toujours : Norvège (1ʳᵉ, 92,72 points), Pays-Bas (2ᵉ, 88,92 points), Estonie (3ᵉ, 88,54 points). À l’opposé, les derniers restent inchangés : Chine (178ᵉ), Corée du Nord (179ᵉ), Érythrée (180ᵉ), où plusieurs journalistes demeurent détenus. Ce recul de 21 places constitue un signal d’alertemajeur sur l’évolution de l’environnement médiatique béninois. Rsf souligne que la liberté de la presse, pilier de toute démocratie, est aujourd’hui fragilisée au Bénin, où les journalistes doivent composer avec un climat de plus en plus contraignant. L’Unesco appelle à défendre la liberté de la presse Le journalisme est un pilier de la paix. Accéder à une information fiable et vérifiée n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour des sociétés justes, pacifiques et résilientes. Quand l’information est manipulée, elle fragilise la confiance et creuse les divisions. Lorsqu’elle est libre, indépendante et fondée sur les faits, elle renforce la responsabilité, ouvre le dialogue et protège les droits humains. A l’occasion de la Journée de la liberté de la presse, l’Unesco appelle à défendre la liberté d’expression et à soutenir un journalisme libre et indépendant. C.Z
Ouémèhoué édition 2026 : Bonou reçoit le flambeau de la fête identitaire des Ouémènou.
La 16ᵉ édition de la fête identitaire des Ouémènou, Ouémèhoué, a officiellement démarré dans la vallée de l’Ouémé, le vendredi 30 avril 2026. Une caravane festive a traversé les quatre Communes de la Vallée de l’Ouémé avant de marquer la passation symbolique du flambeau entre Aguégués et Bonou, ville hôte de cette édition. La Commune de Bonou vibre déjà au rythme des tambours et des chants traditionnels. La caravane partie des Aguégués a échoué à Bonou, marquant le lancement officiel des festivités et la transmission du flambeau. Antoine Bonou, coordonnateur général de Ouémèhoué, a rappelé le sens du rituel d’ouverture : « Le maire des Aguégués remet le flambeau au maire de Bonou, qui le gardera allumé pendant un an avant de le transmettre à la Commune qui sera désignée. » Pour Emmanuel Hounmènou, maire de Bonou, c’est une joie immense : « Depuis longtemps, on se demandait si Ouémèhoué serait une réalité ici. Aujourd’hui, c’est fait. Les populations sont très heureuses. » Au-delà des réjouissances, la fête a aussi une dimension de développement. Une journée spéciale a réuni acteurs et populations autour des projets impulsés par l’État, avec des échanges riches et des perspectives prometteuses pour la vallée. Moment fort de cette édition : les meilleurs élèves de la vallée de l’Ouémé ont été honorés, symbole d’une fête qui célèbre autant l’identité culturelle que l’avenir des jeunes générations. C.Z
Philippe Lambert sur le Tour cycliste du Bénin : « Le label UCI 2.2, une chance unique pour les clubs et les pros ».
À l’occasion de la quatrième étape du Tour cycliste international du Bénin 2026, classé UCI 2.2, Prime News Monde a interrogé Philippe Lambert, commissaire français de l’Union cycliste internationale. Il revient sur la qualité de l’organisation, les performances observées et les avantages liés à ce statut rare sur le continent africain. Prime News Monde : Quatre jours déjà de course. Comment analysez-vous cette édition 2026 du Tour du Bénin ? Philippe Lambert : Globalement, c’est une très belle course. Je suis là aussi pour apprécier la sécurité, et je peux dire qu’elle est excellente. Dès la première étape, une échappée importante a déjà dessiné le classement général. Certes, il n’y a pas de cols au Bénin, mais le spectacle reste au rendez-vous. Les favoris confirment-ils ? Oui. On voit des équipes fortes comme l’île Maurice, l’équipe professionnelle Bike Aid, mais aussi les formations européennes comme Be Close Balenzo. Malgré une échappée de trois coureurs sur près de 100 km, l’arrivée s’est jouée au sprint. Que signifie le classement UCI 2.2 ? Il existe quatre catégories : World Tour, Pro Tour, classe 1 et classe 2. Le 2.2 permet d’ouvrir la compétition aux équipes professionnelles, nationales et de clubs. C’est un format très intéressant car il favorise la confrontation entre différents niveaux. On peut rester longtemps en 2.2, sans obligation de passer en classe 1, qui coûte plus cher et exclut les clubs. Q : Et sur le continent africain ? La plupart des tours nationaux sont en classe 2, comme celui du Bénin. Cela attire aussi des clubs européens, comme B-Close et U-Care, qui viennent se confronter aux coureurs africains. Et les performances sont là : rouler à 42 km/h de moyenne montre que les cyclistes africains sont bien préparés. Votre regard sur les coureurs béninois ? Ils ont bien préparé, mais je les trouve trop individualistes. Par exemple, chacun vient chercher son bidon. Ils devraient fonctionner comme les autres équipes, avec des porteurs d’eau. C’est un point de management à améliorer. Et l’équipement ? Les vélos utilisés sont de bon niveau, proches des standards européens. Bien sûr, il existe des modèles ultra performants, mais globalement, le matériel est satisfaisant. Comment voyez-vous l’avenir du cyclisme béninois ? Il faudra multiplier les compétitions locales, au-delà du Tour du Bénin. Des courses de 2-3 jours, comme un Grand Prix de Cotonou, permettraient d’augmenter la confrontation et donc de progresser plus vite. Transcription Zéphirin Toasségnitché