La communauté sportive de Djougou, dans le nord du Bénin, est plongée dans une profonde consternation à la suite d’un tragique accident de la circulation survenu dans la soirée du mardi 14 avril 2026, ayant coûté la vie à deux jeunes footballeurs du club Mambas Noirs FC de Pélibina. Selon les informations rapportées par Radio Solidarité FM de Djougou, les deux joueurs circulaient à moto en direction de leur localité après un déplacement effectué dans la ville de Djougou, lorsqu’un véhicule en provenance de Cotonou, victime d’une crevaison en cours de route, aurait soudainement perdu le contrôle, provoquant une collision frontale inévitable entre les deux engins. Le choc a été d’une violence extrême. Souleymane Abdoulatif, l’un des jeunes joueurs, a perdu la vie sur place, malgré l’intervention rapide des secours. Son coéquipier, Amadou Ibrahim, ancien joueur de Panthères FC de Djougou, a été grièvement blessé et transporté d’urgence à l’hôpital, où il a malheureusement succombé à ses blessures quelques heures plus tard, selon les mêmes sources. Ce double drame plonge les familles des victimes, leurs coéquipiers ainsi que l’ensemble de la communauté sportive de Djougou dans une profonde tristesse. Les clubs concernés, les dirigeants sportifs locaux et les habitants de la région expriment leur solidarité et leur compassion face à cette perte tragique qui endeuille une fois de plus le football béninois. Les témoignages recueillis auprès des habitants de Djougou traduisent une vive émotion et une grande incompréhension face à ce drame routier. Plusieurs voix appellent à une prise de conscience collective sur la sécurité routière, notamment pour les jeunes conducteurs de motos, souvent exposés aux risques sur les axes secondaires et principaux de la région. Dans la ville et ses environs, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les milieux sportifs, où les deux joueurs étaient connus pour leur engagement, leur discipline et leur passion pour le football. Les autorités locales et les responsables sportifs sont également attendus pour accompagner les familles endeuillées et soutenir les clubs touchés par cette perte. Ce drame rappelle une nouvelle fois la nécessité de renforcer les mesures de prévention et de sensibilisation afin d’éviter de nouvelles tragédies similaires dans le futur. Les clubs locaux de Djougou, ainsi que les acteurs du football béninois, devraient dans les jours à venir organiser des initiatives de soutien et des moments de recueillement en mémoire des deux jeunes disparus, afin d’honorer leur contribution au sport local et de renforcer l’unité au sein de la communauté sportive touchée par cette perte irréparable dans un élan de solidarité et de mémoire collective durable et respect sincère. Pascal Toffodji
Certificat de qualification aux métiers session d’avril 2026 : Le Zou veut démontrer l’efficacité des réformes artisanales.
Les différentes épreuves de l’examen national du Certificat de qualification aux métiers (Cqm) démarrent ce lundi 20 avril 2026 et se poursuivront jusqu’au vendredi 24 avril prochain. Dans le département du Zou, onze centres de composition sont mobilisés pour accueillir les candidats des neuf Communes. La session des examens nationaux de l’année en cour s’ouvre par le Certificat de qualification aux métiers (Cqm), consacré aux candidats artisans des divers corps de métiers. Dans le département du Zou tout est fin prêt pour que les candidats composent dans les conditions requises. Selon son Altesse Dah Zèwanon Guézo, Chef de la délégation départementale Zou de la Chambre des métiers et de l’artisanat onze centre sont aménagés pour accueillir les apprenants de la formation professionnelle. De ses explications, on retient que les Communes à statut intermédiaire, Abomey et Bohicon, disposent chacune de deux centres. Les sept autres communes ordinaires abritent chacune un centre. A en l’en croire, la particularité de cette session réside dans le fait qu’elle est la dernière sous le mandat du président Patrice Talon, initiateur des réformes dans le secteur artisanal, et le tout premier sous le nouveau président Romuald Wadagni. « Ce Cqm doit démontrer que les réformes portent leurs fruits. », a-t-il souligné. Tous les candidats ne sont pas appelés à plancher les mêmes jours. Chaque corps de métier à son jour de composition définit par le calendrier des épreuves. La date du lundi est réservée à ceux des secteurs agroalimentaire, menuiserie, coffrage, carrelage, plomberie, maçonnerie, peinture bâtiment. Le mardi, les candidats en électricité, mécanique auto, soudure, réparation de roues vont composer. Le mercredi, ce sera le tour de la couture, broderie, tissage. Le jeudi, l’hygiène et soins corporels, coiffure, esthétique vont prendre la relève. Le vendredi ceux des photographie, graphisme et métiers connexes vont boucler la boucle. Zacharie Sodjo, président de l’Union des électroniciens de Bohicon, se veut rassurant. « Tous ceux qui doivent faire partie des jurys ont déjà été formés vendredi dernier dans la salle polyvalente du Lycée technique de Bohicon. Les chefs de centres et leurs comités sont mobilisés, les salles de composition sont prêtes. Nous attendons seulement les matériels sensibles que la Direction des examens et concours doit acheminer le jour de l’examen. »Il lance un appel aux candidats : « L’examen n’est pas un concours, c’est une évaluation des compétences acquises durant trois ans de formation auprès des maîtres artisans. Je demande à chaque candidat d’être à l’heure et de ne pas céder à la peur. Les forces de sécurité seront présentes uniquement pour garantir la sérénité des épreuves. »Au-delà des épreuves, ce Cqm 2026 symbolise la consolidation des réformes engagées pour professionnaliser l’artisanat et offrir aux jeunes une certification reconnue. Les responsables locaux insistent : tout est prêt, les candidats doivent simplement se présenter confiants et ponctuels. Zéphirin Toasségnitché
Photocopies dans l’éducation béninoise : Entre outil pédagogique et fardeau financier.
Dans les écoles publiques ou privées du Bénin, le bruit des machines à photocopier résonne désormais autant que celui des craies sur les tableaux. Ce qui devait être un simple outil d’accompagnement pédagogique est devenu, pour beaucoup de parents, un véritable casse-tête financier. Dans les campagnes comme dans les villes, les témoignages se ressemblent. Chaque semaine, de nouvelles feuilles à payer. « 100 francs, 200, 400, parfois 500 », soupire Pierrette Houénou, une mère rencontrée devant l’école primaire publique de Honudon, dans l’arrondissement de Lissèzoun. Les évaluations SA1, SA2, SA3 s’enchaînent, et avec elles les frais. « Au début, on croyait que c’était pour aider l’enfant à mieux travailler. Mais à la longue, la pratique s’est érigée en norme. Pour ceux qui ont plusieurs enfants, c’est devenu insupportable », confie un Rigobert Vissoukpo, père de famille. Beaucoup dénoncent une pédagogie qui se réduit à « jeter des photocopies » aux élèves, sans explication ni effort d’écriture. « Si l’enfant dessinait ou écrivait lui-même, il retiendrait mieux », insiste Pierrette Houénou. Pour ces parents, l’abus de photocopies entraîne une baisse du niveau scolaire et prive les enfants du goût de l’effort. Face à ces critiques, les enseignants rappellent que l’approche par compétences, adoptée depuis quelques années, exige des supports adaptés. Rigobert Damido, professeur dans un collège de Klouékanmè, explique : « Le support est nécessaire pour accompagner le cours. Même si le professeur prépare ses affiches, il faut des photocopies pour que l’élève suive et comprenne. » Selon lui, l’enseignant n’a pas toujours le choix car les photocopies sont indispensables pour transmettre efficacement les savoirs. Bertin Gnidjazounnon, instituteur à la retraite nuance : « Les photocopies ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont utiles pour certains exercices. Mais l’abus est dangereux. » Il insiste sur l’importance de l’écriture, surtout dans les petites classes. « Au CP, si l’enfant ne sait pas écrire, il ne pourra pas avancer. Trop de photocopies risquent de le priver de cette base. » Pour lui, il faut trouver un équilibre entre modernité et méthodes traditionnelles, afin de redonner aux élèves le goût de l’effort. Entre nécessité pédagogique et charges financières, la photocopie est devenue un symbole des contradictions du système éducatif béninois. Les parents réclament une régulation, les enseignants défendent leur pratique, et les anciens appellent à un retour à l’essentiel : l’écriture, l’effort, et l’amour du savoir. Le débat reste ouvert, mais une certitude s’impose : sans ajustement, la photocopie risque de coûter cher, non seulement aux familles, mais aussi à l’avenir des élèves. Zéphirin Toasségnitché
Accidents routiers dans le Zou : L’inconscience au volant, un fléau persistant.
Malgré les campagnes de sensibilisation répétées, les routes du département du Zou, notamment celles du plateau d’Abomey, continuent de faire des victimes. Les chiffres sont alarmants : 568 accidents enregistrés en 2025 selon le centre de secours de Bohicon, et déjà plusieurs cas recensés en ce début d’année 2026. La route tue, et les causes semblent connues de tous, mais les comportements ne changent pas. Ferdinand Mèdéhou Tossou, enseignant à Abomey, dénonce une non-maîtrise du code de la route et un incivisme grandissant. Selon lui, les excès de vitesse et le manque de vigilance sont les principaux facteurs. « L’inconscience est due à la non-maîtrise du code de la route. Certains ignorent les panneaux et franchissent les limites, provoquant des drames », explique-t-il. Ce constat illustre une réalité : la formation des conducteurs reste insuffisante, et les auto-écoles, pourtant en première ligne, ne sont pas toujours impliquées dans la sensibilisation continue. Dah Ahononvi Vignigbé Glèlè pointe un autre fléau : la consommation de produits psychotropes par les jeunes conducteurs. Ces substances, censées « donner de la force », altèrent en réalité les réflexes et la lucidité. « Lorsqu’ils se retrouvent en pleine chaussée, le contrôle disparaît, bonjour les dégâts », déplore-t-il. Le phénomène gagne même les adultes, aggravant la situation et épuisant les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers, contraints d’intervenir presque quotidiennement. Les feux tricolores hors service, les routes dégradées et les campagnes de sensibilisation trop espacées accentuent le problème. Ferdinand Mèdéhou Tossou propose d’impliquer davantage les promoteurs d’auto-écoles dans la prévention, car ils côtoient les conducteurs au quotidien. Dah Ahononvi Vignigbé Glèlè, lui, appelle à une lutte ferme contre la vente des psychotropes et à la réhabilitation des feux tricolores disparus. Pour lui, la croissance démographique exige une modernisation urgente des infrastructures routières. À cette insécurité s’ajoute la surcharge des véhicules, désormais réprimée par la police républicaine. Un communiqué conjoint de deux ministères autorise la répression des chargements hors gabarit. Crédo Martial Togan, acteur de la société civile, rappelle le décret du 21 octobre 2011 qui fixe les limites de poids et de dimensions des véhicules. « Nos routes se dégradent rapidement parce que ces textes ne sont pas respectés », souligne-t-il. Eric Dègnonvi du Centre national de sécurité routière renchérit : « Sur la carte grise, le poids total en charge est indiqué. Mais à la quête du profit, les transporteurs dépassent ces limites, fragilisant les routes. Vers une responsabilité partagée Les syndicats du transport, représentés par Cyr Ouinsou et Yessoufou Moustapha, se disent prêts à accompagner le gouvernement, tout en demandant des alternatives économiques pour compenser la baisse de revenus liée à la mesure. Cette collaboration pourrait marquer un tournant si elle s’accompagne d’une réelle volonté politique et citoyenne. Les accidents dans le Zou ne sont pas une fatalité. Ils révèlent un manque de discipline, de formation et de contrôle. Tant que la vitesse, la drogue et la surcharge seront tolérées, les statistiques continueront de grimper. La sécurité routière doit devenir une responsabilité partagée : autorités, conducteurs, auto-écoles, et citoyens. Car sur l’autel de l’inconscience, c’est la vie qui se sacrifie. Zéphirin Toasségnitché
Meurtre maquillé en suicide à Glazoué : Le fantôme de Marc Aïffa force les aveux.
Le 9 avril 2026, Aklampa, paisible village de la Commune de Glazoué, sombre dans l’effroi. Le corps sans vie Marc Aïffa, jeune homme du village, est découvert pendu à la charpente de sa maison. Une corde autour du cou, une scène qui évoque un suicide. La douleur est immédiate, la famille brisée, le village plongé dans le deuil. L’inhumation est précipitée, comme pour tourner la page trop vite. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’affaire révèle des jours plus tard un rebondissement glaçant : derrière l’apparente tragédie se cache un meurtre soigneusement maquillé. Un des suspects, en fuite vers le Nigeria, affirme avoir vu le fantôme de Marc Aïffa sur la route. Terrifié, il rebrousse chemin et se livre à la police. Ses aveux bouleversent l’enquête : ce n’était pas un suicide, mais un crime orchestré. Deux complices présumés sont aussitôt interpellés et placés en garde à vue à Aklampa. Deux autres restent activement recherchés. À Aklampa, l’émotion est à son comble. Le spectre de Marc Aïffa ne hante pas seulement ses bourreaux, mais aussi une communauté qui exige vérité et justice. Ce meurtre, révélé par des aveux arrachés à la peur d’un fantôme, rappelle que nul crime ne peut rester enseveli sous un linceul de mensonge. Marc Aïffa mérite justice. Que toute la lumière soit faite sur sa mort, et que les coupables répondent de leurs actes devant la loi. C.Z
Examen du Certificat de qualification aux métiers : L’État met fin aux frais illégaux, les apprentis restent otages des traditions.
Le secteur de la formation professionnelle au Bénin est en pleine mutation. Dans une note circulaire, Mathias Amour Ahomadegbe, Directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Atlantique, a sifflé la fin des pratiques abusives qui gangrenaient l’organisation du Certificat de qualification aux métiers (Cqm). Désormais, seuls les frais d’inscription officiels de 12 500 F CFA sont exigibles. Toute autre contribution imposée aux apprentis est déclarée illégale et expose ses auteurs à des sanctions disciplinaires. L’État prend en charge l’intégralité des matières d’œuvres nécessaires aux épreuves pratiques, garantissant ainsi l’égalité des chances entre candidats, quel que soit leur milieu social. Cette décision assainit les centres de formation et protège les apprentis contre l’extorsion. Mais elle ne résout pas le problème le plus lourd : la libération post-diplôme. Dans de nombreux ateliers, le diplôme est retenu par les maîtres artisans, qui imposent des cérémonies coûteuses pour « bénir » leurs apprentis. Entre fêtes obligatoires, tenues imposées et menaces de malédictions, les jeunes diplômés se retrouvent piégés dans une tradition qui vire parfois à l’exploitation. Au-delà des contraintes financières, la peur des représailles spirituelles pèse sur les apprentis. Dans l’imaginaire populaire, quitter son patron sans cérémonie revient à s’exposer à l’échec professionnel. Cette crainte, profondément ancrée, maintient les jeunes dans une dépendance qui fragilise leur autonomie économique. La lutte contre les frais illégaux du Cqm est une première victoire. Mais pour que la formation professionnelle devienne un véritable tremplin vers l’émancipation, il est urgent que les collectifs d’artisans et les autorités définissent des règles éthiques claires. La libération des apprentis doit cesser d’être un fardeau financier et psychologique, pour redevenir un rite de passage valorisant et accessible. Pascal Toffodji
Les félicitations de Bola Tinubu à Romuald Wadagni :Abuja tend la main à Cotonou.
À peine les urnes refermées au Bénin, la scène diplomatique s’anime déjà. Le président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, devient le tout premier dirigeant de la sous-région à adresser ses félicitations à Romuald Wadagni, vainqueur provisoire de la présidentielle du 12 avril 2026. Dans une lettre officielle, le locataire du State House d’Abuja salue « la confiance que le peuple béninois a placée dans la vision et le bilan de service » de Wadagni, actuel ministre des Finances. Tinubu félicite également le gouvernement et le peuple béninois pour l’organisation d’élections apaisées, gage de maturité démocratique. Au-delà des mots, le président nigérian trace déjà les contours d’une coopération renforcée : « Nos deux nations partagent une longue histoire d’amitié, de liens culturels et de coopération. J’ai hâte de travailler en étroite collaboration avec votre administration pour consolider nos relations bilatérales, renforcer la sécurité régionale et promouvoir la prospérité économique au sein de la Cédéao et de l’Union africaine. » Ce geste diplomatique, qui précède la confirmation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle prévue le 16 avril, illustre l’importance stratégique du Bénin pour Abuja. Il marque aussi la volonté du Nigeria de s’imposer comme partenaire incontournable dans la stabilité et le développement de l’Afrique de l’Ouest. Romuald Wadagni, en attendant la validation définitive de son élection, peut déjà compter sur un allié de poids. C.Z
Romuald Wadagni confirmé président de la République : Une transition stratégique pour l’avenir.
La Cour constitutionnelle du Bénin a proclamé hier jeudi 16 avril 2026 les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 12 avril. Romuald Wadagni est officiellement élu président avec 94,27 % des suffrages, succédant à Patrice Talon au terme de ses deux mandats constitutionnels. Avec plus de 4,5 millions de voix, Romuald Wadagni s’impose largement face à son challenger Paul Hounkpè, crédité de 5,73 %. Ce score, inédit par son ampleur, traduit un consensus politique et social autour de sa candidature. Le taux de participation, évalué à 63,55 %, confirme une mobilisation significative des électeurs. La Cour constitutionnelle a précisé que les irrégularités relevées n’étaient pas de nature à remettre en cause la régularité du scrutin. Les observateurs de la Cédéao ont également validé le processus, soulignant son caractère apaisé. Cette transition, dans un contexte régional marqué par des crises politiques et sécuritaires, renforce l’image du Bénin comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest. À 49 ans, Romuald Wadagni devient le plus jeune président du Bénin depuis la conférence nationale de 1990. Ancien ministre des Finances, il incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, porteurs d’une expertise économique et d’une vision modernisatrice. Son mandat, placé sous le signe de l’unité nationale, devra poursuivre et amplifier les réformes initiées par Patrice Talon depuis 2016. La confirmation de Romuald Wadagni ouvre une nouvelle page pour le Bénin, mais aussi pour la sous-région. Son profil technocratique et son orientation vers la rigueur économique pourraient renforcer la coopération avec les partenaires régionaux, notamment le Nigeria, qui a déjà salué son élection. Dans un contexte où la Cédéao herche à consolider sa crédibilité face aux coups d’État et aux tensions politiques, l’arrivée de Romuald Wadagni à la Marina apparaît comme un signal fort de stabilité. C.Z
Arrestation de Kemi Seba à Pretoria : Un tournant pour le militant panafricaniste.
Visé par un mandat d’arrêt au Bénin car accusé d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre, l’influenceur panafricaniste Kemi Seba a été arrêté dans la journée du mercredi 16 avril 2026 en Afrique du Sud. Il fait l’objet d’une « procédure d’extradition en cours. Très suivi en Afrique, il est connu pour ses diatribes anti-occidentales sur les réseaux sociaux. Le militant panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud où il fait l’objet d’une « procédure d’extradition en cours », a annoncé la police locale jeudi 16 avril. L’influenceur est recherché par le Bénin qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre et a émis un mandat d’arrêt contre lui. « Procédure d’extradition en cours » À la tête de l’Ong baptisée « Urgences panafricanistes » et connu pour ses critiques radicales contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris, il a été arrêté lundi, en compagnie d’un fils, pour des « faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo », selon le communiqué de la police sud-africaine. D’après la police-sud-africaine, le duo père-fils avait l’ »intention de poursuivre sa route vers l’Europe » depuis le Zimbabwe. « Leur comparution a été reportée au 20 avril 2026 et ils ont été placés en détention provisoire, une procédure d’extradition étant en cours », est-il précisé dans son communiqué. L’arrestation a eu lieu dans un centre commercial de Pretoria où Kemi Seba a été interpellé en compagnie d’un facilitateur, qui avait reçu 250 000 rands, soit environ 13 000 euros, pour l’aider à traverser la frontière. Poursuivi pour « incitation à la rébellion » De son vrai nom, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kemi Seba, compte 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux et se trouve poursuivi au Bénin pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ». Au Bénin, des militaires mutins étaient apparus à la télévision le 7 décembre, annonçant avoir renversé le président Patrice Talon. En réalité, celui-ci, défendu par l’armée béninoise, n’avait jamais été arrêté et le putsch a été déjoué dans la journée avec l’appui des alliés nigérians et français. Ce jour-là, Kemi Seba a salué dans une vidéo « le jour de la libération » de son pays. Farouche opposant de Patrice Talon, il avait été brièvement interpellé en 2019 et en 2023, lors de passages au Bénin. En octobre 2024, Kemi Seba avait été placé en garde à vue en France en raison de soupçons de « liens » avec le groupe paramilitaire russe Wagner, puis relâché, même si l’enquête du parquet de Paris se poursuivait encore récemment. Il était notamment interrogé sur des soupçons « d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère (…) de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Un an plus tôt, plusieurs médias avaient publié les Wagner Leaks, issus d’un piratage de documents internes au groupe paramilitaire Wagner, qui indiquaient que son fondateur Evgueni Prigojine, depuis décédé, avait financé et guidé certaines actions de Kemi Seba en Afrique entre 2018 et 2019. Le Bénin fait partie de six nouveaux États listés par l’organisation américaine Freedom House comme s’étant livrés à des pratiques de répression transnationale, selon un rapport publié jeudi. C.Z
Déclaré persona non grata au Niger : Kemi Seba lâché par Niamey et passeport diplomatique retiré.
Le militant panafricaniste Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, vient de subir un revers majeur dans sa carrière politique et militante. Le gouvernement nigérien a annoncé, dans un communiqué officiel, une série de mesures radicales à son encontre : retrait immédiat de son passeport diplomatique, cessation de ses fonctions de conseiller spécial auprès du général Abdourahamane Tiani, et déclaration de persona non grata sur le territoire nigérien. Cette décision marque une rupture spectaculaire entre Niamey et l’activiste panafricaniste, jusque-là proche du pouvoir militaire. Les autorités nigériennes justifient leur choix par des « agissements contraires aux intérêts fondamentaux du Niger, à l’ordre public et aux principes de coopération et de confiance ». En clair, Kemi Seba n’est plus considéré comme un partenaire fiable. Cette annonce intervient au lendemain de son arrestation en Afrique du Sud, le 15 avril, alors qu’il voyageait avec son fils. Placés en détention à Pretoria, ils doivent comparaître le 20 avril devant la justice sud-africaine, qui décidera de leur éventuelle extradition vers le Bénin. Dans son pays d’origine, Kemi Seba est recherché pour apologie de coup d’État, en lien avec la mutinerie du 7 décembre 2025. Le militant, qui s’était imposé comme une figure du panafricanisme radical et un soutien affiché des régimes militaires de la sous-région, voit son influence sérieusement écornée. Son exclusion du Niger, alliée à ses déboires judiciaires, fragilise son image et pose la question de l’avenir de son mouvement Urgences Panafricanistes. Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre les tensions entre activisme panafricaniste et réalités politiques des régimes militaires en Afrique de l’Ouest. Le Niger, en se désolidarisant de Kemi Seba, envoie un signal fort : la coopération avec les figures militantes reste conditionnée au respect de l’ordre public et des intérêts nationaux. Pascal Toffodji